
4 heures de route separent Puerto Natales d´El Calafate en Argentine et deux douanes d´au moins une heure chacune. La route est magnifique : steppe patagonienne ; inimitable couleur jaune des petites plantes dont les moutons et les vaches nombreux dans ce coin du monde se regalent ; arbres tordus sous les coups incessants des vents ; Guanaco (sorte de Lamas), Aigles et sorte d´autruche grise un peu plus petite. Voila le decor de ce voyage entre les deux pays auquel vous ajoutez pour 80 kms environ une piste de gravier, un bout de la celebre et mythique Route 40 (encore appelee Carretera Austral). On a adore.
El calafate est tres different de Puerto Natales. Plus moderne, plus touristique, encore plus accrochee au reste du monde. Normal, plus facile d acces car il y a un aeroport avec de nombreuses connexions quotidiennes avec Bueno Aires et surtout une beaucoup plus faible saisonnalite que cote Chilien. Ici on vient pour les glaciers qui sont visibles et accessibles a toutes les saisons meme si evidemment en hiver, il doit faire faire tres tres froid. Tres touristique mais la ville est agreable et premier effet ressenti de la terrible crise argentine de 2002, la vie est moins chere, beaucoup moins chere qu au Chili alors que tout y est plus moderne et plus neuf. Aujourd´hui la situation economique s´ameliore. Du coup, on profite de voyager pour pas trop cher sans trop de culpabilite devant une population qui souffrirait trop.
Si la patagonie est vraiment le bout du monde, ses glaciers et notamment cote argentin meritent tous les detours. Le plus celebre, le Perito Moreno est incroyable. Immense (plus grand en superficie que Buenos Aires), d´un bleu glace merveilleux fait d´une inprobable succession de pics, il est en perpertuel mouvement. Du coup, il fait un bruit d´enfer ajoutant aux yeux, un veritable spectacle sonore. On le voit du cote, ce qui nous permet de le dominer. C´est le seul glacier qui permet un tel point de vue ; ce qui ajoute au grandiose. Pour tous les autres, c´est uniquement par bateau et donc vu du dessous. Pour le Perito Moreno, on a fait les deux. C´est aussi tres impressionnant de se retrouver a la presque verticale d´un mur de glace compris entre 30 et 60 metres. Seul petit bemol a cette exursion, la neige qui nous a accompagnes. Elle a ajoute encore un peu plus de magie au lieu mais qu est ce qu on a eu froid ¡
Le lendemain, toute une journee de bateau dans les fjords a la decouverte d´autres galciers. Le plus haut (Spegazini), le plus grand (Upsala), une baie (Onelli) ou se rencontrent trois petits glaciers ; on est devenu des experts et des amoureux fou de ces monstres de la nature. Malheureusement, ils reculent tous. Meme le Perito Moreno qui a ete un dernier de la planete a encore grandir vient de se stabiliser. Ceux de l Antarticque reculent aussi et quant a ceux de l´Arctique, la situation est encore pire. Bref, la planete se rechauffe ; on le sait ; on le voit. Et le pire est encore pour les hommes. Punta Arenas, capitale chilienne de la Patagonie est sous le trou de la couche d´ozone avec ce terrible constat de ces dernieres annees : les cancers de la peau sont en constante augmentation.
Ces glaciers sont vraiment merveilleux. Les bleus de ces monstres de la nature, le bleu improbable des lacs et des fjords qui les accompagnent sont dúne beaute a couper le souffle. On a adore.
Pour finir sur les hommes, on a cote argentin aussi ete tres impressionne par les hommes qui vivent ici. Il fait froid, le vent ne cesse jamais vraiment et pourtant les hommes construisent, produisent, consomment, vivent tout simplement. Tres franchement, on admire. Nous qui apres dix jours, sommes content de remonter quelques 1500 kms plus au nord pour retrouver un climat un peu moins dur. |