
Posadas nous a servi de point de depart et d´arrivee. Point de depart pour le Paraguay, pour le Parc Estero del Ibera. Point d´arrivee apres le parc et enfin point de depart pour San Ignacio Mini. En soi la ville n´a pas grand interet, si ce n´est d´etre un carrefour. On l´a utilisee comme tel. Rien donc de particulier a signaler, ni a mentionner dans ce carnet sauf un tournoi de foot. Avant de partir pour le parc ou on devait dormir une nuit, on avait decide de reserver l´hotel pour notre retour. Hotel complet et on comprend qu´il y a un evenement. On fait les 3 ou 4 autres hotels de la place et tous la meme reponse : complet. On comprend aussi au passage pourquoi : il y a le tournoi de foot national des avocats qui rassemble plus de 1500 participants. Oui, vous avez bien lu, les avocats. L´Argentine est, si certains en doutaient encore, un pays de foot. Ce tournoi a failli nous faire connaitre notre premiere nuit sans solution de logement mais heureusement le tres enigmatique Claudio de l´office de tourisme nous a trouve une casa de familia. On s´est retrouve chez Papi et Mamie et leur fils de 35 ans, vieux garcon a faire passer Tanguy pour un gars de la jet set. On a dormi sous le portrait de Jean Paul 2, un chapelet pendu au luminaire et en face d´un dessin representant le Christ.
Et pour finir sur le cote un peu improbable de notre sejour a Posadas, on voudrait vous decrire un peu Claudio, le gars de l´office de Tourisme. Il a absolument voulu partager le diner avec nous, nous conduisant dans son resto favori. Claudio, il ressemble a Mister Bean, et parle l´anglais en disant so so a chaque fin de phrase. Il nous a un peu semblé comme sorti d´un autre temps meme si il etait tres sympa.
Le lendemain de notre repas avec Mister Bean et notre nuit avec Jean-Paul 2, on prenait un petit bus d´une heure pour rejoindre San Ignacio Mini et sa mission jesuite.
La foret y est tropicale ; la terre rouge sang ; comme au Paraguay, ces missions jesuites commencees au debut du 17eme sont vraiment incroyables. Aujourd´hui l´acces est relativement facile. A l´epoque, venir ici pour evangiliser les guaranis en repectant leurs traditions artistiques et culturelles, relevait vraiment d´une douce folie.
Les ruines qu´on peut admirer sont dans l´ensemble en mauvais état. La magie du site tient plus a l´ambiance qui s´en degage qu´aux ruines en elles-memes. Si les premieres missions datent du 17 eme, les ruines que l´on peut voir sont du debut du 18eme. Mais il y a une ambiance difficilement descriptible faite de quietude, de beauté, d´equilibre entre nature et pierre. On imagine assez aisement la vie de ces petits villages (5000 ames), le lien qui unissait ces villageois avec la nature et la foret en particulier. Pour ceux qui ont vu le film Mission, on y est.
Le site en lui meme est petit et le village de San Ignacio Mini un village perdu. Du coup, les touristes s´y arretent mais ne semblent pas y dormir en masse. Un peu a contre courant, on a donc decidé de s´y arreter ; de profiter d´un delicieux soleil d´automne au coeur d´une vegetation tropicale et hors saison touristique. Mais la chaleur a disparu avec le soleil. On a du coup eu tres froid pendant la nuit et ces froids étant totalement exceptionnels, rien n´est fait dans l´hotel pour les affronter. A peine un petit chauffage, de l´eau tiede et des chambres sous arcade pour garder la fraicheur. Ce qui 300 jours sur 360 doit s´averer genial, nous a vraiment fait passer une mauvaise nuit et meme pas une douche bien chaude pour se reveiller. On a retrouvé des sensations de debut d´automne lorsqu´on etait aux portes du Tibet et qu´on avait si froid dans notre chambre de Zhongdian.
Et puisque la nuit avait été mauvaise, le début de matinée l´a été tout autant. Il y avait deux arrets de bus dans le village : un a l´entrée sur la route 12, l´autre devant l´eglise. On avait bien pris soin de demander, deux fois, si le bus s´arretait bien a l´église et evidemment il n´est jamais passé. Apres 1 heure 30 d´attente, il a fallu se résoudre a en trouver un autre. On est vite montés dans un autre bus mais c´etait un tortillard, s´arretant partout. Un trajet qui ne devait durer que 4 heures nous a finalement pris au total un peu plus de 8 heures et quelques pesos perdus. Pas grave, on est a Puerto Iguazu. Les chutes tant attendues ne sont pas loin. Demain nous y serons. |