C´est fou comment traverser un fleuve peut parfois vous faire changer de monde. En traversant le Rio Parana, vous perdez une heure (Ce qui epate toujours Mia) mais surtout vous retrouvez tous les accents d´un pays en voie de developpement. Du coup, les bus sont tres tres vieux, tout cabosses ; les tongs sont plus nombreuses que les chaussures ; les vendeurs a la sauvette sont absolument partout ; les magasins paraissent deserts ; la route est avant tout un lieu de vie ; les routes sont plus en terre qu´en goudron ; les billets sont en liasse ; les machettes des indispensables compagnons d´une vegetation tropicale ; les peaux des indiens guaranis marquees par trop de soleil..Rien que cela, rien qu´a peine une demi journee et tout cela est deja tellement perceptible.
Sinon la traversee etait l´occasion de decouvrir les missions jesuites du 16 eme siecle. Elles sont en ruines mais on se rend bien compte de ce qu´elles ont pu etre ; du cote franchement fou de ces evangelisations du bout du monde. Les lieux sont magnifiques, bordes d´une vegetation tropicale. Dans cette region, en Argentine comme au Paraguay, la terre est rouge sang. Elle est magnifique. Elle est tellement fine, presque poussiere et les pluies tellement frequentes qu´elle est partout ; Elle recouvre les voitures, les chaussures, les routes. Les maisons aussi en ont des reflets.
Nous avons visite les missions de bonne heure c´est a dire seuls. Baignees par la magnifique lumiere du matin, l´ambiance etait franchement merveilleuse.
Apres nous avons rejoint la ville d´Encarnation. Au bord du Parana, la ville n´a en soi pas grand interet : Une place centrale, un monument a la gloire de l´independance mais franchement aucun charme si ce n´est celui bien difficilement descriptible et dont on ne peut jamais se rejouir, d´etre une ville dans un pays en voie de developpement c´est a dire animee, coloree et qui vit dans la rue.
Quelques petites heures apres, on retraversait le fleuve. Le choc se reproduisant cette fois-ci dans l´autre sens.