
"Il est tellement facile d'ecrire quand on a une mauvaise mémoire". C'est avec cette phrase d'Arthur Schnitzler qu'est née cette idée d'album photo sous forme de mots ; des photos qu'on aurait melangés, des photos sans ordre, comme tirés d'une vieille boite.
Les fruits
Un pamplemousse sera donc la premiere photo de cet album. En Thailande, mais c'etait les memes en Chine, au Laos et au Cambodge, les pamplemousses sont plus gros avec une chair beaucoup plus ferme. La peau est verte ; il se pele comme une énorme orange. Il n'y a aucune acidité, juste un délicieux gout sucré. On s'en est régalé. On a commencé timidement ; en Chine, ne sachant pas ce qu'etait ce gros fruit vendu partout dans la rue. Depuis nous ne l'avons pas quitté meme si depuis le Cambodge, les petits ananas sucrés presque sans aucune acidité ont notre préférence. La aussi, ils sont vendus partout dans la rue, sur la plage. Aussi bien en Thailande, qu'au Cambodge, ils ont une facon de couper les fruits qu'on peut presque qualifier de raffinée ! Des morceaux de pasteque en forme de coeur, des ananas en 4 branches a la main ou avec des piques. La présentation ajoute encore un peu plus a ce plaisir de croquer un délicieux fruit juteux lorsqu'il fait chaud.
La Chine omniprésente
On en a parlé dans plusieurs carnets, les chinois investissent toute la région. La Chine est une grande puissance. Au Laos, au Cambodge, ils construisent des routes, des ponts, des puits..Ils effectuent des restaurations sur des monuments historiques. Mais surtout ce sont des commercants, des negociateurs intraitables qui dans chaque pays sont la nombreux, travailleurs. En Australie, aussi d'ailleurs. En Europe, aux USA, les exportations chinoises sont massives et inquietent. On a le sentiment mais ce n'est qu'un sentiment que les chinois ne sont pas appréciés de leurs voisins ; exactement comme un grand frere un peu trop dominateur.
La vie est dans la rue
Sans doute l'une des caracteristiques de l'Asie. Les gargottes sont partout, les vendeurs ambulants vendent de tout, on joue dans la rue, on y discute, on y accroche son hamac, on s'y ballade en pyjama, on y fait du sport. Pour le sport, ce sont ces souvenirs de chinois faisant du foot plume, du Tai Chi, un club de boxe thai a ciel ouvert a Bangkok, des parties de badmington sans filet en Chine, du volley au Cambodge, le foot plage en Thailande. Pour les jeux, ce sont des billards dehors au Laos mais aussi en Chine (Le premier c'etait a Dali), des jeux de dames avec des capsules de bouteille au Cambodge(Kim notre Tuk Tuk driver a Angkor en etait fan), evidemment du majhong en Chine (dans les hutongs a Pekin pour notre premier souvenir).
Pour les vendeurs ambulants, le souvenir le plus impressionnant, ce sont les vendeurs de ballon a Siem Reap. Des centaines de ballons gonflables, de toutes les formes, de toutes les couleurs sont accrochés au vélo. Les vendeurs stationnent devant l'hopital des enfants mais nous les avons aussi croisé sur la route. Incroyable image que tous ces ballons flottant dans l'air.
Des Pekin, la vie a commencé dans la rue. Beaucoup de vendeurs a la sauvette qui vendent tout : des telephones, des soutien-gorge, des cerfs volants, des fruits, des journaux. Bref, tout ce que vous pouvez imaginer. A Phnom Penh : des livres, des cartes postales, des oiseaux, des fleurs. Il n'y a guere qu'au Laos ou les vendeurs ambulants etaient moins nombreux. En occident les gargottes n'existent presque plus, a l'exception peut etre des baraques a frites (vous reconnaissez nos influences nordiques).
En Asie, on mange dans la rue, l'immense majorité mange dans la rue et on y mange de tout. Impossible de vous decrire toutes les gargottes mais elles sont de toutes les formes, de toutes les ingeniosites. Ce sont les charriots roulants barbecue de Chine. Il s'agit d'un barril coupé en deux dans lequel on place du charbon pour faire griller des brochettes. Souvenir inoubliable de ces brochettes a Yangshuo avec les gueules incroyables des deux vendeurs. Ce sont les sides cars amenagés de la Thailande. Tout se replie et se deplie pour donner naissance a une cuisine et un etale de vente. On y trouve aussi des vendeurs de glace a l'ancienne avec le doux bruit de la sonnette manuelle pour annoncer son arrivee.
Au Laos, il y avait moins de vendeurs ambulants. Ce sont les marches qui prennent le relais. Ils sont le coeur de la vie economique du pays. Il y en a dans toutes les villes, presque tous les jours. Inoubliable souvenir de ce marché du plateau des bolovens ou la peau de cochon etait un des articles les plus vendus ; celui de Luang Prabang avec ces morceaux de crocodiles ; celui de Vientiane plus qu'authentique si bas de plafond et si odorant ; enfin celui de Don Khong ou la grenouille se vendait par centaine. Les marches laos etaient sans conteste ceux qui nous ont le plus impressionné mais ceux de la Chine n'etaient pas mal non plus. Disons qu'ils sont plus fait de bric et de broc. Au riz succede des poissons avant les cables electriques et apres la viande. En Chine mais aussi parfois au Laos, les poissons se vendent vivant. Ils sont dans des bassines avec un ingenieux systeme de ventilation de l'eau. Entouré de milliers de personnes, il faut parfois etre vigilant pour ne pas tremper ses pieds. Dams le desordre de leur incroyable charme, diversite et couleur, citons ceux de Zongdhian, sous sa grande halle sombre, celui si anime de Baoshan ainsi que le modeste et si meditatif avec son arbre au bord du lac de Dali. Pour ne pas oublier la Thailande, les marches semblent etre plus orientes vers les accessoires, les fringues, les chaussures. A koh Lanta, les vendeurs tournaient entre les petites villes de l'ile. Du coup, on n'a pas bien su ou ils achetaient leurs viandes et leurs poissons.
La route
C'est une constante entre les 4 pays. La conduite invite a toutes les folies. C'est simple en Chine, seul compte ce qu'il y a devant vous. Ils conduisent vite, tres vite mais avec une grande maitrise. Les routes sont en excellent etat, ce qui, compte tenu de leur conduite est salutaire. Evidemment les voitures sont nombreuses dans les immenses megalopoles mais elles se generalisent vraiment partout. Les camions sont tres nombreux, ce sont eux qui irradient le pays en marchandises(incroyable aussi les motos taxis qui attendent les camions a l'entree des villes pour les guider). Ils sont souvent deux ou trois dans chaque camion, on a suppose pour couvrir de plus grande distance ou assurer une division des taches entre celui qui conduit et celui qui decharge. Cette division, on a pu clairement la mesurer au Laos. Le chauffeur est roi. Il a ensuite ses aides, son controleur et son porteur. Partout le klaxon est abondamment utilisé. Au Laos, comme en Chine, la conduite est tout aussi folle mais les routes sont en moins bon etat. Le plus etonnant et le plus fou est sans conteste la conduite a Phnom Penh. C'est simple, il n'y a pas de regle ; l'anarchie la plus totale. Il n'y a vraiment pas d'exagerations dans nos propos. Les croisements se prennent a contre sens ; on double de tous les cotes et tout cela a grande vitesse et dans une circulation parfois tres dense. Conduire a Phnom Penh est vraiment une aventure en tant que telle. La Thailande est plus sage ; beaucoup plus sage mais les embouteilages de sa capitale (90 %des immatriculations du pays) y sont pour quelque chose. Les deux fois ou le chauffeur a eu le champ libre, on a tres vite atteint les 150 km/h sur les voies express de la ville et bien qu'on roule a gauche, doubler pouvait se faire a droite comme a gauche.
Les gens/ les rencontres
Que vous dire ? Tant de choses forcement, 4 mois et tant de personnes croisees mais si il y a un domaine ou les generalites sont souvent insupportables et fausses c'est bien celui des hommes. Insupportable cliche et tellement reducteur de dire "le Chinois est travailleur". Ce sont ce genre de generalite qu'on a trop entendu et qu'on ne relayera pas. Meme si assurement les chinois nous ont paru sacrement travailleurs et courageux. Les differences entre les pays sont fortes. Elles sont d'abord physiques. Avant ce voyage, nous comettions trop l'immense erreur de les amalgamer dans un melange nommé asiatique. Le type Chinois est tres different du Laos, lui meme different du cambodgien, du malais, du thailandais, du vietnamien. N'y voyez pas une quelconque forme de racisme ; juste une realite ; les tailles sont differentes, les teintes de peaux varient beaucoup, les yeux ne sont pas bridés de la meme facon.
La Chine a son code vestimentaire : inoubliable chaussures verte des travailleurs ; ceintures clinquantes. La Thailande, elle regarde vers l'occident. Ce sont les references occidentales. Il y a bien sur des variations mais elles nous ont paru infimes. Le Laos et le Cambodge nous ont semble dans ce domaine vivre comme une sorte de transition. La norme est de plus en plus celle de l'occident mais les costumes, les tenues traditionnelles existent encore : les magnifiques jupes officielles laotiennes ou encore le traditionnel foulard cambodgien.
Voila, comme une boite remplie de photos : pour partager et ne pas oublier.
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